Aller au contenu

Gaston Crouzet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Gaston Crouzet
Fonctions
Conseiller général du Gard
Canton d'Aramon
-
Jules Escalier de Ladevèze (d)
Clément Cadenet (d)
Maire de Nîmes
-
Conseiller d'arrondissement
Canton de Maintenon
-
Denis (d)
Étienne Hautefeuille (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 100 ans)
Nom de naissance
Marie Gaston Aristide CrouzetVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Membre de
L'Écho du Grand Orient (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Gaston Crouzet (1854-1954) est un homme politique et médecin français.

Il est maire de Nîmes de 1900 à 1908.

Marie Gaston Aristide Crouzet naît le à Lauroux[1]. Docteur en médecine (1879)[2], il fait carrière dans l'inspection des enfants en bas âge, à Épernon (1879), puis Villiers-sur-Marne (1887)[1]. En 1894, il devient chirurgien à l'Hôtel-Dieu de Nîmes, spécialisé dans les maladies oculaires[1].

Radical[3], élu conseiller municipal d'Épernon en 1881, il occupe un fauteuil de conseiller de l'arrondissement de Chartres pour le canton de Maintenon de 1883 à 1887[1]. Il est ensuite élu à Villiers dans les années 1890[1].

Appartenant à la loge nîmoise L'Écho du Grand Orient[4], il cofonde le cercle local de la Ligue de l'enseignement[1]. Le , il est désigné par le conseil municipal pour succéder à Émile Reinaud, maire de Nîmes sortant, qui ne se représente pas[3]. Il est réélu avec une majorité plus large en [3].

Il est à l'initiative d'« importants travaux de rénovation, de construction et d'embellissement », parmi lesquels la restauration des arènes, du Grand temple, du temple de Diane et de la maison Carrée[5]. Il réaménage plusieurs quartiers, dont celui de Saint-Césaire, et poursuit la politique de développement de la canalisation entamée par Reinaud[5]. Il crée un réseau municipal de tramways et est à l'initiative d'un réseau téléphonique départemental[5].

Investi dans la politique éducative, il finance l'agrandissement de l'école de la rue Pavée, installe de nouvelles classes et fait construire un nouveau établissement dans le quartier de Massillan en 1905[6]. Il ne dédaigne pas non plus les réformes sociales : il fait voter la construction d'un sanatorium de tuberculeux et d'une maternité en 1902[6]. Il débloque des crédits pour les nîmois nécessiteux et met en place l'assistance médicale gratuite et un bureau municipal d'hygiène[6]. Il représente la ville au congrès national d'hygiène sociale de Montpellier en 1905[6]. Pour lutter contre le chômage, il crée en 1903 des chantiers communaux, ainsi qu'une caisse de secours pour les ouvriers sans travail[6]. Il mande aussi des délégations ouvrières à l'exposition universelle de 1900[7].

Engagé dans la défense de la viticulture, il favorise notamment la grande manifestation viticole qui rassemble 250 000 personnes le , en interdisant une course taurine qui devait se tenir le même jour[7]. Il crée la foire de La Calmette pour mettre en valeur les commerçants locaux[8]. Il impose à partir de 1906 les grands magasins pour aider le petit commerce[8].

Il essaie de développer l'attractivité de Nîmes en organisant diverses expositions artistiques, ainsi que la grande fête du , qui voit l'inauguration du monument à Antoine Bigot et la représentation d'Œdipe roi aux arènes[8]. fait reconstruire le musée de sculpture et de peinture[8]. Il choie les militaires et anciens combattants, inaugurant un monument en l'honneur des combattants de la guerre franco-allemande de 1870 sur la place d'Assas en 1901[9].

Anticlérical[5] et franc-maçon[10], il donne les noms d'Ernest Renan, Jules Delon-Soubeiran et Émile Zola à des rues référant jusque là à un saint catholique[5]. Il fait ériger un monument à Bernard Lazare[9]. Il interdit le port de la soutane en public[5], puis supprime les aumôneries dans les hospices en 1906[6].

Décoré de la Légion d'honneur en 1904[1], il quitte ses fonctions de maire en 1908[9]. est élu en 1907 conseiller général du Gard pour le canton d'Aramon ; il présente sa démission en 1912[11].

Il meurt centenaire en [1].

Références

[modifier | modifier le code]
  1. a b c d e f g et h « Cote 19800035/254/33912 », base Léonore, ministère français de la Culture.
  2. BNF 36869941.
  3. a b et c Dejardin 2012, p. 106.
  4. Entretien de Thierry Zarcone avec Sarah Brethes, « Un engagement tardif », L'Express,‎ (lire en ligne).
  5. a b c d e et f Dejardin 2012, p. 107.
  6. a b c d e et f Dejardin 2012, p. 108.
  7. a et b Dejardin 2012, p. 109.
  8. a b c et d Dejardin 2012, p. 110.
  9. a b et c Dejardin 2012, p. 111.
  10. Sarah Brethes (entretien avec Thierry Zarcone), « Un engagement tardif », L'Express,‎ (lire en ligne).
  11. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le ).

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • « Gaston Crouzet », dans Gard : dictionnaire biographique et album, Paris, Flammarion, coll. « Dictionnaires biographiques départementaux » (no 45), (BNF 35031733), p. 195-196.
  • Domitille Dejardin, « Gaston Crouzet », dans David Mataix (dir.), Les Maires de Nîmes depuis la Révolution, Lacour, (ISBN 978-2-7504-2885-3), p. 106-111.

Liens externes

[modifier | modifier le code]