Corneliu Vadim Tudor

personnalité politique roumaine

Corneliu Vadim Tudor, né le à Bucarest et mort le dans la même ville, est un poète, journaliste et homme politique roumain.

Corneliu Vadim Tudor
Illustration.
Corneliu Vadim Tudor en 2014.
Fonctions
Député européen

(4 ans, 11 mois et 16 jours)
Élection 7 juin 2009
Législature 7e
Groupe politique NI
Sénateur

(16 ans, 1 mois et 24 jours)
Élection 27 septembre 1992
Réélection 3 novembre 1996
26 novembre 2000
28 novembre 2004
Biographie
Nom de naissance Corneliu Tudor
Date de naissance
Lieu de naissance Bucarest (RPR)
Date de décès (à 65 ans)
Lieu de décès Bucarest (Roumanie)
Nature du décès Infarctus du myocarde
Parti politique PRM
Profession Écrivain
Journaliste
Religion Orthodoxe

Fondateur du Parti de la Grande Roumanie (PRM), il exerce les fonctions de sénateur de 1992 à 2008, puis de député européen de 2009 à 2014. Sa carrière politique atteint son apogée en 2000, lorsqu'il accède au second tour de l'élection présidentielle face à Ion Iliescu. Il est connu pour ses positions nationalistes, parfois qualifiées d'antisémites et xénophobes.

Biographie

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Jeunesse et études

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Il est né à Bucarest le 28 novembre 1949[1] dans une famille de la classe ouvrière, son père étant tailleur[2] et en même temps pasteur baptiste, mais il se dit lui-même orthodoxe roumain[3].

Dans sa jeunesse étant un admirateur du cinéaste français Roger Vadim, il a choisi le pseudonyme Vadim.[réf. nécessaire]

Tudor obtient son baccalauréat en 1967[4]. Il obtient une licence en philosophie de l'université de Bucarest en 1971. Quatre ans plus tard, en 1975, il étudie à l'école des officiers de réserve à Bucarest. Vadim Tudor étudie l'histoire à Vienne entre 1978 et 1979, avec une bourse[1].

Il est marié et a deux enfants.

Carrière professionnelle

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Corneliu Vadim Tudor s'illustre pendant la période communiste comme « poète de cour »[2],[5] sous le régime communiste, notamment en participant au culte de la personnalité qui entourait le « Conducător » Nicolae Ceaușescu[6].

Il travaille également en tant que journaliste dans des journaux tels que România liberă et Săptămîna (en)[1],[5].

En mai 1990, il fonde avec son mentor Eugen Barbu l'hebdomadaire d'inspiration national-communiste[6] de Roumanie, appelé România Mare[5], avec l'aide du nouveau pouvoir[7], ainsi que le quotidien Tricolorul (ro) et l'hebdomadaire Politica[1].

România Mare devient, après la fondation du Parti de la Grande Roumanie (PRM), l'organe officiel du parti. La publication été à de nombreuses reprises poursuivie pour diffamation, souvent du fait de propos écrits par Vadim Tudor lui-même, qu'il signe généralement du pseudonyme d'« Alcibiade »[1].

Carrière politique

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En juin 1991, il fonde le Parti de la Grande Roumanie[5].

Lors des élections législatives de 1992, Vadim Tudor est élu sénateur, puis est réélu en 1996, en 2000 et en 2004. Lors du scrutin de 2008, il échoue, comme tous les membres de son parti, à se faire réélire.

Entre 1993 et 1996, il a associé son parti à la coalition gouvernementale de la gauche post-communiste du « Quadrilatère rouge » (Patrulaterul roșu), au sein du gouvernement Văcăroiu.

 
Corneliu Vadim Tudor et George Becali, en 2013.

Il se présente plusieurs fois aux élections présidentielles. Au premier tour de l'élection présidentielle roumaine du , Vadim Tudor a fini en deuxième position avec 28,3 % des voix[5]. Cela a entraîné le ralliement de presque toute la classe politique à Ion Iliescu pour le deuxième tour du , et Vadim Tudor n'est parvenu à obtenir que cinq points de plus, alors qu'Iliescu passait de 36 % des voix au premier tour à 67 % au second[5].

Lors des élections européennes de 2009, il est élu au Parlement européen. Il siège alors parmi les non-inscrits. Lors des élections suivantes, il échoue à conserver son mandat.

Il meurt le 14 septembre 2015, des suites d'un infarctus du myocarde[8].

Pensée politique

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En tant que président du PRM, il s'oppose aux réformes libérales (désengagement de l'État, privatisations...) de la période post-communiste, ainsi que la montée des inégalités sociales et la corruption, tout en revendiquant le rétablissement de la Grande Roumanie historique[6],[5]. Il se fait remarquer par ses déclarations brutales, telles que : « Dans les circonstances actuelles, lorsque la police et le pouvoir judiciaire sont contre les citoyens au lieu de les défendre, il est clair que la Roumanie est un pays ingouvernable. [...] Le désastre est si affreux, nous avons bien peur que la seule façon de gouverner la Roumanie est avec un fusil automatique. » en 1998[9], ou « Nous fusillerons les voleurs dans des stades » en 2000[10].

Dans les colonnes de România Mare, il dénonce les « ennemis de la nation » : les Hongrois, les Roms et les Juifs, mais également les Occidentaux, les Russes et les Israéliens[5]. Pour autant il soutient dès 1995 l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne et à l'OTAN[5].

En 2003, Vadim Tudor semble renoncer à son discours antisémite[5] et adopte un nouveau point de vue sur les Juifs, le judaïsme et la Shoah. Dans une lettre du , il a renoncé à certaines anciennes déclarations qu'il avait faites, jugées comme antisémites. De plus, il a écrit, « je sais que j'avais tort pour avoir nié l'Holocauste en Roumanie, qui s'est produit entre 1941 et 1944 sous le régime d'Antonescu »[11]. Néanmoins en 2012, lors d'une émission de télévision il déclare qu'« il n'y a jamais eu d’holocauste en Roumanie... [et qu'il] le nierai[t] jusqu'à [sa] mort car [il] aime [son] peuple »[12].

Résultats aux élections présidentielles

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Année 1er tour 2e tour
% Rang % Rang
1996 4,7 5e
2000 28,3 2e 33,2 2e
2004 12,6 3e
2009 5,6 4e
2014 3,7 7e

Œuvres

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Notes et références

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  1. a b c d et e (ro) « Corneliu Vadim Tudor implineste 61 de ani », sur ziare.com, .
  2. a et b (en) « Far-Right MPs Join Forces in EU Parliament: A Small Thorn in The EU's Side », sur spiegel.de, .
  3. (ro) « Corneliu Vadim Tudor şi-a schimbat religia. Când şi de ce a luat această decizie », sur romaniatv.net, .
  4. (ro) « Fiica lui Corneliu Vadim Tudor a vorbit despre averea lăsată de tribun : "Nu există un testament, dar noi ştim" », sur romaniatv.net, (consulté le ).
  5. a b c d e f g h i et j Antonela Capelle-Pogacean et Nadège Ragaru, « La dérive contestataire en Roumanie et en Bulgarie », Le courrier des pays de l'Est, no 1054,‎ , p. 44-51 (lire en ligne).
  6. a b et c « Roumanie : l’extrême droite dépassée », sur liberation.fr, .
  7. (en) Petre Berteanu, « Romanian nationalism and political communication: Greater Romania Party (Partidul Romania Mare), a case-study », dans Jaroslav Hroch, David Hollan et George F. McLean, National, Cultural, and Ethnic Identities: Harmony Beyond Conflict, CRVP, , p. 170.
  8. « Roumanie: décès du leader de l'extrême droite », sur lefigaro.fr, .
  9. (en) « Romania's far-right contender », sur bbc.co.uk, .
  10. (ro) « 14 pentru Cotroceni - Corneliu Vadim-Tudor », sur regiotv.ro, .
  11. (en) « Vadim Sees the Light », sur haaretz.com, .
  12. (ro) « Corneliu Vadim Tudor: "În România n-a existat Holocaust" », sur dcnews.ro, .

Liens externes

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