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« Maud de Belleroche » : différence entre les versions

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|légende = {{refnec|Maud de Belleroche dans ''Top Sensation'' (1969).}}
}}
'''Maud de Belleroche''' est le [[nom de convenance]] d'une [[Acteur|actrice]], [[femme de lettres]] et [[journaliste]] [[France|française]] [[Nom de jeune fille|née]] '''Madeleine Sacquard''' le {{Date de naissance|26 août 1922}} à [[17e arrondissement de Paris|Paris {{17e}}]]<ref>État civil 1860-1902 - tables décennales [http://canadp-archivesenligne.paris.fr/archives_etat_civil/1860_1902_tables_decennales/td_visu_img.php?registre=V11E_0572&type=TD&vue_tranche_debut=AD075TD_V11E_0572_0095&vue_tranche_fin=AD075TD_V11E_0572_0095&ref_histo=20398&cote=V11E%20572]</ref> et morte le {{Date de décès|19 février 2017}} à [[Villerville]]<ref>[http://www.villerville.info/medias/files/2018-01-news.pdf Voir sur ''villerville.info''], janvier 2018.</ref> ([[Calvados (département)|Calvados]]).


'''Maud de Belleroche''' est le [[nom d'usage]] de l'[[Acteur|actrice]], [[femme de lettres]] et [[journaliste]] [[France|française]] '''Madeleine Sacquard''', née le {{Date de naissance|26 août 1922}} à [[17e arrondissement de Paris|Paris {{17e}}]]<ref>État civil 1860-1902 - tables décennales [http://canadp-archivesenligne.paris.fr/archives_etat_civil/1860_1902_tables_decennales/td_visu_img.php?registre=V11E_0572&type=TD&vue_tranche_debut=AD075TD_V11E_0572_0095&vue_tranche_fin=AD075TD_V11E_0572_0095&ref_histo=20398&cote=V11E%20572]</ref> et morte le {{Date de décès|19 février 2017}} à [[Villerville]]<ref>[http://www.villerville.info/medias/files/2018-01-news.pdf Voir sur ''villerville.info''], janvier 2018.</ref> ([[Calvados (département)|Calvados]]).
Encore étudiante, elle devient la maîtresse de [[Jean Luchaire]] en même temps qu'une [[Société mondaine|personnalité mondaine]] de la [[Collaboration en France|Collaboration]]. Acquise aux [[fascisme|thèses fascistes]], elle suit son second époux en exil en [[Allemagne]] et en [[Italie]], puis en [[Espagne]] et en [[Argentine]]. Elle mène ensuite une carrière littéraire, dans le journalisme et à la radio. Mariée trois fois, {{"|plus jeune divorcée de France}} selon ses dires, elle est connue pour ses nombreuses conquêtes amoureuses, tant féminines que masculines, qu'elle dénombre dans son [[best-seller]] [[Littérature et sexualité|érotique]] ''[[L'Ordinatrice ?]]''.

Encore étudiante, elle devient la maîtresse de [[Jean Luchaire]] en même temps qu'une [[Société mondaine|personnalité mondaine]] de la [[Collaboration en France|Collaboration]]. Acquise aux [[fascisme|thèses fascistes]], elle suit son second époux en exil en [[Allemagne]] et en [[Italie]], puis en [[Espagne]] et en [[Argentine]]. Elle mène ensuite une carrière littéraire, dans le journalisme et à la radio. Mariée trois fois, {{"|plus jeune divorcée de France}} selon ses dires, elle est connue pour ses nombreuses conquêtes amoureuses, tant féminines que masculines, qu'elle dénombre dans son [[best-seller]] [[Littérature et sexualité|érotique]] ''L'Ordinatrice ?''.


== Biographie ==
== Biographie ==
=== Jeunesse ===
=== Jeunesse ===
[[Fichier:Entrée du lycée Jules-Ferry.JPG|vignette|gauche|Le lycée Jules-Ferry.]]
Madeleine Sacquard a une sœur cadette, Églantine.
Madeleine Sacquard a une sœur cadette, Églantine.


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=== Seconde Guerre mondiale ===
=== Seconde Guerre mondiale ===
Sous l'[[Occupation de la France par l'Allemagne (Seconde Guerre mondiale)|Occupation]], Maud Sacquard devient une des maîtresses de [[Jean Luchaire]], le {{"|plus dandy des hommes politiques de l'époque}} selon elle, et fréquente les milieux de la collaboration. Introduite dans le [[Tout-Paris]], elle sympathise avec [[Pierre Drieu la Rochelle|Drieu la Rochelle]] et [[Robert Brasillach|Brasillach]] et s'adonne au [[libertin]]age, {{"|s'enivr[ant] au champagne dans les parties fines}} d'après [[Grégoire Kauffmann]]<ref>[http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-debacle-du-marechal-petain_1571096.html Grégoire Kauffmann, « La débâcle du Maréchal Pétain »], lexpress.fr, 2 septembre 2014.</ref>. Elle est une véritable {{"|égérie fasciste}}<ref>Pauline Lecomte, {{"|Maud de Belleroche. Une égérie fasciste}}, ''[[La Nouvelle Revue d'histoire]]'' {{n°|3}}, novembre-décembre 2002.</ref>. En 1942, elle évite la déportation au cousin de Micheline Robert-Weil, une amie juive, en le cachant. En {{date-|août 1944}}, elle suit Luchaire en exil à [[Baden-Baden]]. Elle s'installe avec [[Georges Guilbaud (homme politique)|Georges Guilbaud]], ''alias'' Georges Degay<ref>Du nom de sa mère.</ref>{{,}}<ref>[http://bp2.blogger.com/_C42oVQZMg0w/RsYO-Ryl88I/AAAAAAAAAJU/LAKZWmC1K1M/s1600-h/guilbaud+georges.jpg Photographie] de Georges Guilbaud.</ref>, un collaborateur ayant participé à la création de la [[Phalange africaine]]<ref>[http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=49&t=13350 Voir sur ''passion-histoire.net''.]</ref> et dirigé le quotidien ''L'Écho de la France'', au Brenners Park-Hotel, puis à [[Sigmaringen]]. Là, elle rencontre [[Louis-Ferdinand Céline]] et son épouse [[Lucette Destouches|Lucette]]. Elle est embauchée comme préparatrice dans une pharmacie<ref>[[David Alliot]], ''D'un Céline l'autre'', [[éditions Robert Laffont]], 2011.</ref>{{,}}<ref>''Maud de Belleroche, l'ambassadrice'', ''[[Lire (revue)|Lire hors-série]]'' {{n°|7}}, 2008.</ref>{{,}}<ref>[http://www.lepetitcelinien.com/2010/09/louis-ferdinand-celine-baden-baden-maud-de-belleroche.html Interview] par [[Matthieu Aron]] pour [[France Info]], 26 mai 2008.</ref>{{,}}<ref group=n>Dans ''[[Nord (roman)|Nord]]'', paru en 1960, elle inspire à [[Louis-Ferdinand Céline|Céline]] le personnage de mademoiselle de Chamarande ; cf. {{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Marc-Édouard|nom1=Nabe|lien auteur1=Marc-Édouard Nabe|titre=Lucette|éditeur=[[Gallimard]]|collection=[[Collection Blanche (Gallimard)|Blanche]]|lieu=Paris|année première édition=1995|réimpression=2012|page=252|pages totales=348|présentation en ligne=http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Lucette}}.</ref>.
Sous l'[[Occupation de la France par l'Allemagne (Seconde Guerre mondiale)|Occupation]] Maud Sacquard devient une des maîtresses de [[Jean Luchaire]], le {{"|plus dandy des hommes politiques de l'époque}} selon elle, et fréquente les milieux de la collaboration. Introduite dans le [[Tout-Paris]], elle sympathise avec [[Pierre Drieu la Rochelle|Drieu la Rochelle]] et [[Robert Brasillach|Brasillach]] et s'adonne au [[libertin]]age, {{"|s'enivr[ant] au champagne dans les parties fines}} d'après [[Grégoire Kauffmann]]<ref>[http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-debacle-du-marechal-petain_1571096.html Grégoire Kauffmann, « La débâcle du Maréchal Pétain »], lexpress.fr, 2 septembre 2014.</ref>. Elle devient une véritable {{"|égérie fasciste}}<ref>Pauline Lecomte, [https://fr.scribd.com/document/15978641/nrh-sommaire-03# {{"|Maud de Belleroche. Une égérie fasciste}}], ''[[La Nouvelle Revue d'histoire]]'' {{n°|3}}, novembre-décembre 2002.</ref>. En 1942 elle évite la déportation au cousin de Micheline Robert-Weil, une amie juive, en le cachant. En {{date-|août 1944}}, elle suit Luchaire en exil à [[Baden-Baden]]. Elle s'installe avec [[Georges Guilbaud (homme politique)|Georges Guilbaud]], ''alias'' Georges Degay<ref>Du nom de sa mère.</ref>{{,}}<ref>[http://bp2.blogger.com/_C42oVQZMg0w/RsYO-Ryl88I/AAAAAAAAAJU/LAKZWmC1K1M/s1600-h/guilbaud+georges.jpg Photographie] de Georges Guilbaud.</ref>, un collaborateur ayant participé à la création de la [[Phalange africaine]]<ref>[http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=49&t=13350 Voir sur ''passion-histoire.net''.]</ref> et dirigé le quotidien ''L'Écho de la France'', au Brenners Park-Hotel, puis à [[Sigmaringen]]. Là elle rencontre [[Louis-Ferdinand Céline]] et son épouse [[Lucette Destouches|Lucette]]. Elle est embauchée comme préparatrice dans une pharmacie<ref>[[David Alliot]], ''D'un Céline l'autre'', [[éditions Robert Laffont]], 2011.</ref>{{,}}<ref>''Maud de Belleroche, l'ambassadrice'', ''[[Lire (revue)|Lire hors-série]]'' {{n°|7}}, 2008.</ref>{{,}}<ref>[http://www.lepetitcelinien.com/2010/09/louis-ferdinand-celine-baden-baden-maud-de-belleroche.html Interview] par [[Matthieu Aron]] pour [[France Info]], 26 mai 2008.</ref>{{,}}<ref group=n>Dans ''[[Nord (roman)|Nord]]'', paru en 1960, elle inspire à [[Louis-Ferdinand Céline|Céline]] le personnage de mademoiselle de Chamarande ; cf. {{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Marc-Édouard|nom1=Nabe|lien auteur1=Marc-Édouard Nabe|titre=Lucette|éditeur=[[Gallimard]]|collection=[[Collection Blanche (Gallimard)|Blanche]]|lieu=Paris|année première édition=1995|réimpression=2012|page=252|pages totales=348|présentation en ligne=http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Lucette}}.</ref>.
[[Fichier:Guido Buffarini Guidi foto giovanile.jpg|vignette|Guido Buffarini, témoin à son mariage.]]
[[Fichier:Guido Buffarini Guidi foto giovanile.jpg|vignette|Guido Buffarini, témoin à son mariage.]]
[[Fichier:Danielli Hotel in Venice.jpg|vignette|left|L'hôtel Danieli.]]
[[Fichier:Danielli Hotel in Venice.jpg|vignette|left|L'hôtel Danieli.]]
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À sa descente du train qui la ramène en France, elle est arrêtée par des agents de la surveillance du territoire. Incarcérée quelques jours à la [[Prisons Saint-Paul et Saint-Joseph|prison Saint-Paul]] de [[Lyon]], elle couche avec sa compagne de cellule, une ancienne maîtresse de Doriot prénommée Ségolène. Logée chez le banquier [[Banque Veuve Morin-Pons|Raymond Morin-Pons]], ami de ses parents, elle évite finalement des poursuites devant la [[Cour de justice (ordonnance du 26 juin 1944)|Cour de justice]] ; malgré de nombreuses démarches, elle échoue à faire sortir de prison Ségolène.
À sa descente du train qui la ramène en France, elle est arrêtée par des agents de la surveillance du territoire. Incarcérée quelques jours à la [[Prisons Saint-Paul et Saint-Joseph|prison Saint-Paul]] de [[Lyon]], elle couche avec sa compagne de cellule, une ancienne maîtresse de Doriot prénommée Ségolène. Logée chez le banquier [[Banque Veuve Morin-Pons|Raymond Morin-Pons]], ami de ses parents, elle évite finalement des poursuites devant la [[Cour de justice (ordonnance du 26 juin 1944)|Cour de justice]] ; malgré de nombreuses démarches, elle échoue à faire sortir de prison Ségolène.


Peu après, elle et sa famille, sous prétexte de l'« ingratitude » de certains Juifs à leur égard, versent dans l'[[antisémitisme]] ; elle déclarera d'ailleurs dans ses mémoires qu'elle {{Citation bloc|souhaite […] que les Juifs […] restent [en Israël]. En paix avec eux-mêmes et avec leurs voisins et qu'ils s'abstiennent désormais, contrairement à leurs habitudes, de chasser sur nos terres, à nous.|''Le Ballet des crabes'', p. 182}}
Peu après, elle et sa famille, sous prétexte de l'« ingratitude » de certains juifs à leur égard, versent dans l'[[antisémitisme]] ; elle déclarera d'ailleurs dans ses mémoires qu'elle {{Citation bloc|souhaite […] que les Juifs […] restent [en Israël]. En paix avec eux-mêmes et avec leurs voisins et qu'ils s'abstiennent désormais, contrairement à leurs habitudes, de chasser sur nos terres, à nous.|''Le Ballet des crabes'', p. 182}}


Elle fait {{"|connaissance avec le monde clos des financiers, des médecins et des soyeux}} lyonnais. Définitivement blanchie, {{"|indigne de l'[[indignité nationale]]}}, elle rentre à Paris. Elle renoue avec son père, retrouve son fils Serge, puis se rend à l'[[hôtel Matignon]] pour rencontrer [[Gaston Palewski]], directeur de cabinet du président du [[Gouvernement provisoire de la République française|Gouvernement provisoire]], et lui demander un visa pour l'[[Espagne]]. Avant de quitter la capitale, elle entretient une courte idylle avec un comédien communiste.
Elle fait {{"|connaissance avec le monde clos des financiers, des médecins et des soyeux}} lyonnais. Définitivement blanchie, {{"|indigne de l'[[indignité nationale]]}}, elle rentre à Paris. Elle renoue avec son père, retrouve son fils Serge, puis se rend à l'[[hôtel Matignon]] pour rencontrer [[Gaston Palewski]], directeur de cabinet du président du [[Gouvernement provisoire de la République française|Gouvernement provisoire]], et lui demander un visa pour l'[[Espagne]]. Avant de quitter la capitale, elle entretient une courte idylle avec un comédien communiste.
[[Fichier:House of the shells in Salamanca.jpg|vignette|La ''Casa de las Conchas''.]]
[[Fichier:House of the shells in Salamanca.jpg|vignette|La ''Casa de las Conchas''.]]
Milieu 1945, elle passe clandestinement la [[Frontière entre l'Espagne et la France|frontière espagnole]] près de [[Canet-en-Roussillon|Canet]], et retrouve Guilbaud à [[Barcelone]], en compagnie de [[Pierre Héricourt]] et d'[[Alain Laubreaux]]. Elle obtient un passeport au nom de Maud Degay. Un soir, après l'amour, elle écrit son premier poème. Elle et ses compagnons apprennent avec indignation la condamnation à mort du [[Philippe Pétain|maréchal Pétain]]. En novembre, ils se transfèrent à [[Madrid]]. Elle séjourne à l'[[Westin Palace|Hotel Palace]], et fait la connaissance de [[José Ignacio Escobar y Kirkpatrick]], marquis de Las Marismas, ami de Guilbaud, {{"|cicérone des plus enviables}} qui lui ouvre les portes de l'{{"|inteligencia}} et lui fait rencontrer, au ''{{Lien|langue=es|fr=Frontón Recoletos}}'', [[Abel Bonnard]]. Elle emménage dans un appartement du quartier Goya avec le chien que lui a offert la femme d'[[Émile Dewoitine]].
Milieu 1945, elle passe clandestinement la [[Frontière entre l'Espagne et la France|frontière espagnole]] près de [[Canet-en-Roussillon|Canet]], et retrouve Guilbaud à [[Barcelone]], en compagnie de [[Pierre Héricourt]] et d'[[Alain Laubreaux]]. Elle obtient un passeport au nom de Maud Degay. Un soir, après l'amour, elle écrit son premier poème. Elle et ses compagnons apprennent avec indignation la condamnation à mort du [[Philippe Pétain|maréchal Pétain]]. En novembre ils se transfèrent à [[Madrid]]. Elle séjourne à l'[[Westin Palace|Hotel Palace]], et fait la connaissance de [[José Ignacio Escobar y Kirkpatrick]], marquis de Las Marismas, ami de Guilbaud, {{"|cicérone des plus enviables}} qui lui ouvre les portes de l'{{"|inteligencia}} et lui fait rencontrer, au ''{{Lien|langue=es|fr=Frontón Recoletos}}'', [[Abel Bonnard]]. Elle emménage dans un appartement du quartier Goya avec le chien que lui a offert la femme d'[[Émile Dewoitine]].


Elle remporte le championnat de tennis féminin de [[Castille]] ; Bonnard lui fait visiter le [[musée du Prado]], où il lui offre sa vision d'un [[Francisco de Goya]] {{"|artiste dionysiaque}}. Durant les trois derniers mois qu'elle passe en Espagne, elle devient également sa documentaliste pour la monumentale étude de [[Napoléon Ier|Napoléon {{Ier}}]] qu'il prépare. Enfin, lors d'une excursion [[Salamanque|salmantine]], entre la [[Vieille cathédrale de Salamanque|vieille cathédrale]] et la ''[[Casa de las Conchas]]'', il lui fait découvrir l'[[Plateresque|art plateresque]] ; il lui dit alors : {{"|Maud, vous qui croyez en l'art, vous qui cumulez succès sportifs et amoureux, n'oubliez jamais, c'est la vie, rien que la vie qui triomphe…}}
Elle remporte le championnat de tennis féminin de [[Castille]] ; Bonnard lui fait visiter le [[musée du Prado]], où il lui offre sa vision d'un [[Francisco de Goya]] {{"|artiste dionysiaque}}. Durant les trois derniers mois qu'elle passe en Espagne, elle devient également sa documentaliste pour la monumentale étude de [[Napoléon Ier|Napoléon {{Ier}}]] qu'il prépare. Enfin, lors d'une excursion [[Salamanque|salmantine]], entre la [[Vieille cathédrale de Salamanque|vieille cathédrale]] et la ''[[Casa de las Conchas]]'', il lui fait découvrir l'[[Plateresque|art plateresque]] ; il lui dit alors : {{"|Maud, vous qui croyez en l'art, vous qui cumulez succès sportifs et amoureux, n'oubliez jamais, c'est la vie, rien que la vie qui triomphe…}}
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Elle suit son mari en Argentine en 1946 où il devient conseiller administratif du président [[Juan Perón]]<ref>[http://data.bnf.fr/13073567/georges_guilbaud/ « Georges Guilbaud »], ''data.bnf.fr''.</ref>. Elle évoque cette période dans son livre ''Eva Perón'' paru en 1972<ref name="interactualites">[http://www.ina.fr/audio/PHD95062750/eva-peron.fr.html « Eva Peron »], Inter actualités de 13h00, ''ina.fr'', 2 janvier 1973.</ref>{{,}}<ref name="aujourdhuimadame">[http://www.ina.fr/video/CPF86602939/un-etonnant-destin-de-femme-eva-peron.fr.html « Un étonnant destion de femme : Eva Peron »], ''[[Aujourd'hui Madame]]'', émission présentée par [[Jacques Garat]] et Valérie Manuel, ''ina.fr'', 13 janvier 1973.</ref>.
Elle suit son mari en Argentine en 1946 où il devient conseiller administratif du président [[Juan Perón]]<ref>[http://data.bnf.fr/13073567/georges_guilbaud/ « Georges Guilbaud »], ''data.bnf.fr''.</ref>. Elle évoque cette période dans son livre ''Eva Perón'' paru en 1972<ref name="interactualites">[http://www.ina.fr/audio/PHD95062750/eva-peron.fr.html « Eva Peron »], Inter actualités de 13h00, ''ina.fr'', 2 janvier 1973.</ref>{{,}}<ref name="aujourdhuimadame">[http://www.ina.fr/video/CPF86602939/un-etonnant-destin-de-femme-eva-peron.fr.html « Un étonnant destion de femme : Eva Peron »], ''[[Aujourd'hui Madame]]'', émission présentée par [[Jacques Garat]] et Valérie Manuel, ''ina.fr'', 13 janvier 1973.</ref>.


Elle se remarie ensuite le {{date-|17 novembre 1950}} à [[Paris]] avec Jacques Chastelain, baron de Belleroche<ref>Archives municipales de Lyon, Lyon {{5e}}, acte de naissance 2E284, vue 62/164, acte 267, mentions marginales du mariage et du divorce avec Madeleine Sacquard, Archives de Paris, Paris 17, acte de mariage 2305, mention du divorce en 1956.</ref>, d'une famille originaire du [[Beaujolais]] et apparentée à [[Alphonse de Lamartine|Lamartine]]<ref name="NS"/>{{,}}<ref group=n>Il descend, par sa grand-mère paternelle, de Pierre de Lamartine (1752-1840), le père d'Alphonse de Lamartine (1790-1869).</ref>. Le couple se sépare en {{date-|octobre 1956}}.
Elle se remarie ensuite le {{date-|17 novembre 1950}} à [[Paris]] avec Jacques Chastelain, baron de Belleroche<ref>Archives municipales de Lyon, Lyon {{5e}}, acte de naissance 2E284, vue 62/164, acte 267, mentions marginales du mariage et du divorce avec Madeleine Sacquard, Archives de Paris, Paris 17, acte de mariage 2305, mention du divorce en 1956.</ref>, d'une famille originaire du [[Beaujolais]]. Le couple se sépare en {{date-|octobre 1956}}.


Elle publie de nombreux livres sous le nom de Sacquard de Belleroche. Un inédit a également paru dans le numéro 32 de la revue ''[[Adam (revue)|Adam]]''. Traductrice de dialogues de film, elle collabore aussi à plusieurs émissions de radio, est sociétaire des ''[[Les Grosses Têtes|Grosses Têtes]]'', et écrit des poèmes. Son œuvre ''[[L'Ordinatrice ?]]'', notamment, qui paraît en 1968, connaît un grand succès<ref name="NS"/>{{,}}<ref name="spiegel">[http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-45966454.html « Willy Brandt, Eugen Gerstenmaier, Arthur Rathke, Maud Sacquard de Belleroche, Leo Wagner »], ''spiegel.de'', 22 juillet 1968.</ref>{{,}}<ref>[http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-45225062.html « Waldemar Besson, Gustav Heinemann, Wolfgang Brezinka, Fritz Neumark, Lester Garfield Maddox, Maud Sacquard de Belleroche, Stokely Carmichael, »], ''spiegel.de'', 30 mars 1970.</ref>{{,}}<ref>[http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-44915025.html « Porno-Markt: Frau Saubermann an der Spitze »], spiegel.de, {{1er}} novembre 1971.</ref>. En 1969, elle incarne également, dans ''[[Top Sensation]]'' et sous la direction d'[[Ottavio Alessi]], {{"|une dominatrice qui organise la ''dolce vita'' à bord de son yacht}}<ref name="NS"/>{{,}}<ref>A. H. Weiler, [https://www.nytimes.com/movie/review?res=9901E3DE1631E034BC4953DFB467838B669EDE « Seducers (1968) »], ''nytimes.com''.</ref>.
Elle publie de nombreux livres sous le nom de Sacquard de Belleroche. Un inédit a également paru dans le numéro 32 de la revue ''[[Adam (revue)|Adam]]''. Traductrice de dialogues de film, elle collabore aussi à plusieurs émissions de radio, est sociétaire des ''[[Les Grosses Têtes|Grosses Têtes]]'', et écrit des poèmes. Son œuvre ''L'Ordinatrice ?'', notamment, qui paraît en 1968, connaît un grand succès<ref name="spiegel">[http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-45966454.html « Willy Brandt, Eugen Gerstenmaier, Arthur Rathke, Maud Sacquard de Belleroche, Leo Wagner »], ''spiegel.de'', 22 juillet 1968.</ref>{{,}}<ref>[http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-45225062.html « Waldemar Besson, Gustav Heinemann, Wolfgang Brezinka, Fritz Neumark, Lester Garfield Maddox, Maud Sacquard de Belleroche, Stokely Carmichael, »], ''spiegel.de'', 30 mars 1970.</ref>{{,}}<ref>[http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-44915025.html « Porno-Markt: Frau Saubermann an der Spitze »], spiegel.de, {{1er}} novembre 1971.</ref>. En 1969 elle incarne également, dans ''[[Top Sensation]]'' et sous la direction d'[[Ottavio Alessi]], {{"|une dominatrice qui organise la ''dolce vita'' à bord de son yacht}}<ref>A. H. Weiler, [https://www.nytimes.com/movie/review?res=9901E3DE1631E034BC4953DFB467838B669EDE « Seducers (1968) »], ''nytimes.com''.</ref>.


En 1979, elle participe au numéro 1 de ''[[Le Bulletin célinien|La Revue célinienne]]'', avec un texte intitulé « À Baden-Baden »<ref>[http://bulletincelinien.com/publications/ « Publications »], ''bulletincelinien.com''.</ref>.
En 1979, elle participe au numéro 1 de ''[[Le Bulletin célinien|La Revue célinienne]]'', avec un texte intitulé « À Baden-Baden »<ref>[http://bulletincelinien.com/publications/ « Publications »], ''bulletincelinien.com''.</ref>.


À l'instigation du [[Pierre de Cossé Brissac|duc de Brissac]], elle devient conférencière sous le nom de « baronne de Belleroche »<ref>[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6527959v/f17.image.r=%22maud%20de%20belleroche%22.langFR Baronne de Belleroche sur Gallica.]</ref>, pour la [[Société des amis de Versailles]], les Amis des châteaux de la Loire, l'[[Alliance française]] ou [[Connaissance du Monde]]<ref>[http://www.explorationdumonde.be/1950-1960.htm « Saison 1950-1960 »], ''explorationdumonde.be''.</ref>{{,}}<ref name="sanders"/>.
À l'instigation du [[Pierre de Cossé Brissac|duc de Brissac]] elle devient conférencière sous le nom de « baronne de Belleroche »<ref>[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6527959v/f17.image.r=%22maud%20de%20belleroche%22.langFR Baronne de Belleroche sur Gallica.]</ref>, pour la [[Société des amis de Versailles]], les Amis des châteaux de la Loire, l'[[Alliance française]] ou [[Connaissance du Monde]]<ref>[http://www.explorationdumonde.be/1950-1960.htm « Saison 1950-1960 »], ''explorationdumonde.be''.</ref>{{,}}<ref name="sanders"/>.


Après avoir entretenu une relation avec Marc de Hohenzollern, elle se retire dans une thébaïde normande, à Villerville<ref name="sanders"/>, où elle termine ses jours.
Après avoir entretenu une relation avec Marc de Hohenzollern elle se retire dans une thébaïde normande, à Villerville<ref name="sanders"/>, où elle finit ses jours.


== Filmographie ==
== Filmographie ==
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* ''[[Cinq personnages en quête d'empereur]]'' (préf. [[Francis Didelot]]), Paris, Del Duca, 1962 {{commentaire|[[Prix Broquette-Gonin]] de littérature de l'[[Académie française]] 1963<ref>[http://www.academie-francaise.fr/maud-sacquard-de-belleroche Fiche] sur le site de l'[[Académie française]].</ref>.}}
* ''[[Cinq personnages en quête d'empereur]]'' (préf. [[Francis Didelot]]), Paris, Del Duca, 1962 {{commentaire|[[Prix Broquette-Gonin]] de littérature de l'[[Académie française]] 1963<ref>[http://www.academie-francaise.fr/maud-sacquard-de-belleroche Fiche] sur le site de l'[[Académie française]].</ref>.}}
* ''Du dandy au play-boy'', étude, Paris, Del Duca, 1965
* ''Du dandy au play-boy'', étude, Paris, Del Duca, 1965
* ''[[L'Ordinatrice ?|L'Ordinatrice ? : mémoires d'une femme de quarante ans]]'', Paris, La Jeune Parque, 1968 ; réimp. 1978 ; adaptation en [[bande dessinée]], dessins de Max Lenvers, Dominique Leroy, 1985
* ''L'Ordinatrice ? : mémoires d'une femme de quarante ans'', Paris, La Jeune Parque, 1968 ; réimp. 1978 ; adaptation en [[bande dessinée]], dessins de Max Lenvers, Dominique Leroy, 1985
* ''L'Ordinatrice seconde'', La Jeune Parque, 1969 (réimp. 1978)
* ''L'Ordinatrice seconde'', La Jeune Parque, 1969 (réimp. 1978)
* ''Des femmes'', La Jeune Parque, 1970
* ''Des femmes'', La Jeune Parque, 1970
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== Voir aussi ==
== Voir aussi ==
{{Autres projets|Commons=Category:Maud de Belleroche|Wikiquote=Maud de Belleroche}}
{{Autres projets|Commons=Category:Maud de Belleroche|Wikiquote=Maud de Belleroche}}

=== Bibliographie ===
=== Bibliographie ===
* [[David Alliot]], ''Le Festin des loups : collabos, profiteurs et opportunistes sous l'Occupation'', Vuibert, 2014 {{plume}}
* [[David Alliot]], ''Le Festin des loups : collabos, profiteurs et opportunistes sous l'Occupation'', Vuibert, 2014 {{plume}}


=== Liens externes ===
=== Liens externes ===
* {{Liens}}
{{Liens}}


{{Portail|radio|cinéma français|littérature française|politique française|sexualité et sexologie|Seconde Guerre mondiale}}
{{Portail|radio|cinéma français|littérature française|politique française|sexualité et sexologie|Seconde Guerre mondiale}}


{{CLEDETRI:Belleroche, Maud de}}
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Maud de Belleroche
Maud de Belleroche en 1969.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Madeleine SacquardVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Maud de Belleroche, Maud DegayVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Autres informations
Sports
Distinction

Maud de Belleroche est le nom d'usage de l'actrice, femme de lettres et journaliste française Madeleine Sacquard, née le à Paris 17e[1] et morte le à Villerville[2] (Calvados).

Encore étudiante, elle devient la maîtresse de Jean Luchaire en même temps qu'une personnalité mondaine de la Collaboration. Acquise aux thèses fascistes, elle suit son second époux en exil en Allemagne et en Italie, puis en Espagne et en Argentine. Elle mène ensuite une carrière littéraire, dans le journalisme et à la radio. Mariée trois fois, « plus jeune divorcée de France » selon ses dires, elle est connue pour ses nombreuses conquêtes amoureuses, tant féminines que masculines, qu'elle dénombre dans son best-seller érotique L'Ordinatrice ?.

Madeleine Sacquard a une sœur cadette, Églantine.

Leur père, Charles Denis Sacquard, héros de la bataille du Chemin des Dames où il perdit un bras, titulaire de la croix de guerre 1914-1918 et de la médaille militaire, catholique, entrera dans la Résistance et deviendra administrateur des Galeries Lafayette.

Très jeune, Madeleine est championne de France junior de patinage sur glace ou encore recordwoman de France de plongée sous-marine[3]. Elle pratique la natation dès l'âge de sept ans.

Élève chez les maristes, elle obtient son baccalauréat à seize ans. Elle entre ensuite en classe de philosophie au lycée Jules-Ferry, puis étudie deux ans la pharmacologie avant d'obtenir une licence en droit.

Elle épouse en premières noces le à Saint-Leu-d'Esserent un pharmacien, Gaston Dacquin, dit Tony ; ils ont un fils, Serge, né le , devenu colonel de l'armée de l'air[4].

Seconde Guerre mondiale

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Sous l'Occupation Maud Sacquard devient une des maîtresses de Jean Luchaire, le « plus dandy des hommes politiques de l'époque » selon elle, et fréquente les milieux de la collaboration. Introduite dans le Tout-Paris, elle sympathise avec Drieu la Rochelle et Brasillach et s'adonne au libertinage, « s'enivr[ant] au champagne dans les parties fines » d'après Grégoire Kauffmann[5]. Elle devient une véritable « égérie fasciste »[6]. En 1942 elle évite la déportation au cousin de Micheline Robert-Weil, une amie juive, en le cachant. En , elle suit Luchaire en exil à Baden-Baden. Elle s'installe avec Georges Guilbaud, alias Georges Degay[7],[8], un collaborateur ayant participé à la création de la Phalange africaine[9] et dirigé le quotidien L'Écho de la France, au Brenners Park-Hotel, puis à Sigmaringen. Là elle rencontre Louis-Ferdinand Céline et son épouse Lucette. Elle est embauchée comme préparatrice dans une pharmacie[10],[11],[12],[n 1].

Guido Buffarini, témoin à son mariage.
L'hôtel Danieli.

Guilbaud ayant été nommé ministre plénipotentiaire de la Commission gouvernementale auprès de la République sociale italienne, elle le rejoint à Fasano par Constance, Innsbruck, Merano et Bolzano. Un mois plus tard, avec comme témoins le ministre de l'Intérieur italien Guido Buffarini et l'ambassadeur allemand Rudolf Rahn, et alors que son précédent mariage n'a pas pris fin, il l'épouse. Ils s'installent à la villa Bianca ; devenue la « benjamine des ambassadrices d'Europe », elle s'occupe alors de l'aide aux réfugiés de nationalité française et de l'accueil de personnalités, comme Joseph Darnand et son épouse, et surtout le Duce Mussolini, avec qui elle converse longuement un soir de . Elle visite aussi avec Guilbaud le Vittoriale résidence de D'Annunzio, et Venise où ils dorment à l'hôtel Danieli[n 2].

La mort de Jacques Doriot, qu'ils apprennent en , signe la fin des espoirs des réfugiés collaborationnistes français en Italie. Le , Guilbaud s'envole seul pour Barcelone ; Charles Moschetti, nouveau ministre plénipotentiaire, leur fait attribuer des faux-papiers suisses. Le 25 avril, elle quitte l'ambassade en compagnie de ce dernier. Arrêtés par des partigiani, ils s'échappent à pied, puis à la nage, avant de se faire guider par une jeune bergère jusqu'à la frontière, où il se livrent aux autorités suisses. Elle est hébergée dans des camps de réfugiés, puis on lui offre de rentrer en France.

Après la guerre

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À sa descente du train qui la ramène en France, elle est arrêtée par des agents de la surveillance du territoire. Incarcérée quelques jours à la prison Saint-Paul de Lyon, elle couche avec sa compagne de cellule, une ancienne maîtresse de Doriot prénommée Ségolène. Logée chez le banquier Raymond Morin-Pons, ami de ses parents, elle évite finalement des poursuites devant la Cour de justice ; malgré de nombreuses démarches, elle échoue à faire sortir de prison Ségolène.

Peu après, elle et sa famille, sous prétexte de l'« ingratitude » de certains juifs à leur égard, versent dans l'antisémitisme ; elle déclarera d'ailleurs dans ses mémoires qu'elle

« souhaite […] que les Juifs […] restent [en Israël]. En paix avec eux-mêmes et avec leurs voisins et qu'ils s'abstiennent désormais, contrairement à leurs habitudes, de chasser sur nos terres, à nous. »

— Le Ballet des crabes, p. 182

Elle fait « connaissance avec le monde clos des financiers, des médecins et des soyeux » lyonnais. Définitivement blanchie, « indigne de l'indignité nationale », elle rentre à Paris. Elle renoue avec son père, retrouve son fils Serge, puis se rend à l'hôtel Matignon pour rencontrer Gaston Palewski, directeur de cabinet du président du Gouvernement provisoire, et lui demander un visa pour l'Espagne. Avant de quitter la capitale, elle entretient une courte idylle avec un comédien communiste.

La Casa de las Conchas.

Milieu 1945, elle passe clandestinement la frontière espagnole près de Canet, et retrouve Guilbaud à Barcelone, en compagnie de Pierre Héricourt et d'Alain Laubreaux. Elle obtient un passeport au nom de Maud Degay. Un soir, après l'amour, elle écrit son premier poème. Elle et ses compagnons apprennent avec indignation la condamnation à mort du maréchal Pétain. En novembre ils se transfèrent à Madrid. Elle séjourne à l'Hotel Palace, et fait la connaissance de José Ignacio Escobar y Kirkpatrick, marquis de Las Marismas, ami de Guilbaud, « cicérone des plus enviables » qui lui ouvre les portes de l'« inteligencia » et lui fait rencontrer, au Frontón Recoletos (es), Abel Bonnard. Elle emménage dans un appartement du quartier Goya avec le chien que lui a offert la femme d'Émile Dewoitine.

Elle remporte le championnat de tennis féminin de Castille ; Bonnard lui fait visiter le musée du Prado, où il lui offre sa vision d'un Francisco de Goya « artiste dionysiaque ». Durant les trois derniers mois qu'elle passe en Espagne, elle devient également sa documentaliste pour la monumentale étude de Napoléon Ier qu'il prépare. Enfin, lors d'une excursion salmantine, entre la vieille cathédrale et la Casa de las Conchas, il lui fait découvrir l'art plateresque ; il lui dit alors : « Maud, vous qui croyez en l'art, vous qui cumulez succès sportifs et amoureux, n'oubliez jamais, c'est la vie, rien que la vie qui triomphe… »

Elle suit son mari en Argentine en 1946 où il devient conseiller administratif du président Juan Perón[13]. Elle évoque cette période dans son livre Eva Perón paru en 1972[14],[15].

Elle se remarie ensuite le à Paris avec Jacques Chastelain, baron de Belleroche[16], d'une famille originaire du Beaujolais. Le couple se sépare en .

Elle publie de nombreux livres sous le nom de Sacquard de Belleroche. Un inédit a également paru dans le numéro 32 de la revue Adam. Traductrice de dialogues de film, elle collabore aussi à plusieurs émissions de radio, est sociétaire des Grosses Têtes, et écrit des poèmes. Son œuvre L'Ordinatrice ?, notamment, qui paraît en 1968, connaît un grand succès[17],[18],[19]. En 1969 elle incarne également, dans Top Sensation et sous la direction d'Ottavio Alessi, « une dominatrice qui organise la dolce vita à bord de son yacht »[20].

En 1979, elle participe au numéro 1 de La Revue célinienne, avec un texte intitulé « À Baden-Baden »[21].

À l'instigation du duc de Brissac elle devient conférencière sous le nom de « baronne de Belleroche »[22], pour la Société des amis de Versailles, les Amis des châteaux de la Loire, l'Alliance française ou Connaissance du Monde[23],[3].

Après avoir entretenu une relation avec Marc de Hohenzollern elle se retire dans une thébaïde normande, à Villerville[3], où elle finit ses jours.

Filmographie

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Publications

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  • Cinq personnages en quête d'empereur (préf. Francis Didelot), Paris, Del Duca, 1962 Prix Broquette-Gonin de littérature de l'Académie française 1963[25].
  • Du dandy au play-boy, étude, Paris, Del Duca, 1965
  • L'Ordinatrice ? : mémoires d'une femme de quarante ans, Paris, La Jeune Parque, 1968 ; réimp. 1978 ; adaptation en bande dessinée, dessins de Max Lenvers, Dominique Leroy, 1985
  • L'Ordinatrice seconde, La Jeune Parque, 1969 (réimp. 1978)
  • Des femmes, La Jeune Parque, 1970
  • Noisette, La Jeune Parque, 1971
  • Eva Perón : la reine des sans-chemises, La Jeune Parque, 1972
  • Le Ballet des crabes, Filipacchi, 1975 (réimp. 2002) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • L'Ordinatrice à 50 ans, La Jeune Parque, 1978
  • La Murène apprivoisée, Garnier Frères, 1980
  • Oscar Wilde ou L'Amour qui n'ose dire son nom (préf. Roger Peyrefitte) Favre, 1987 (réimp. 2004)
  • Sacha Guitry ou L'Esprit français, Dualpha, 2007

Notes et références

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  1. Dans Nord, paru en 1960, elle inspire à Céline le personnage de mademoiselle de Chamarande ; cf. Marc-Édouard Nabe, Lucette, Paris, Gallimard, coll. « Blanche » (réimpr. 2012) (1re éd. 1995), 348 p. (présentation en ligne), p. 252.
  2. Dans la même chambre que George Sand et Alfred de Musset.

Références

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  1. État civil 1860-1902 - tables décennales [1]
  2. Voir sur villerville.info, janvier 2018.
  3. a b et c Alain Sanders, « Maud Sacquard de Belleroche, égérie française », Enquête sur l'histoire, no 3,‎ (lire en ligne).
  4. Référence non sourcée.
  5. Grégoire Kauffmann, « La débâcle du Maréchal Pétain », lexpress.fr, 2 septembre 2014.
  6. Pauline Lecomte, « Maud de Belleroche. Une égérie fasciste », La Nouvelle Revue d'histoire no 3, novembre-décembre 2002.
  7. Du nom de sa mère.
  8. Photographie de Georges Guilbaud.
  9. Voir sur passion-histoire.net.
  10. David Alliot, D'un Céline l'autre, éditions Robert Laffont, 2011.
  11. Maud de Belleroche, l'ambassadrice, Lire hors-série no 7, 2008.
  12. Interview par Matthieu Aron pour France Info, 26 mai 2008.
  13. « Georges Guilbaud », data.bnf.fr.
  14. « Eva Peron », Inter actualités de 13h00, ina.fr, 2 janvier 1973.
  15. « Un étonnant destion de femme : Eva Peron », Aujourd'hui Madame, émission présentée par Jacques Garat et Valérie Manuel, ina.fr, 13 janvier 1973.
  16. Archives municipales de Lyon, Lyon 5e, acte de naissance 2E284, vue 62/164, acte 267, mentions marginales du mariage et du divorce avec Madeleine Sacquard, Archives de Paris, Paris 17, acte de mariage 2305, mention du divorce en 1956.
  17. « Willy Brandt, Eugen Gerstenmaier, Arthur Rathke, Maud Sacquard de Belleroche, Leo Wagner », spiegel.de, 22 juillet 1968.
  18. « Waldemar Besson, Gustav Heinemann, Wolfgang Brezinka, Fritz Neumark, Lester Garfield Maddox, Maud Sacquard de Belleroche, Stokely Carmichael, », spiegel.de, 30 mars 1970.
  19. « Porno-Markt: Frau Saubermann an der Spitze », spiegel.de, 1er novembre 1971.
  20. A. H. Weiler, « Seducers (1968) », nytimes.com.
  21. « Publications », bulletincelinien.com.
  22. Baronne de Belleroche sur Gallica.
  23. « Saison 1950-1960 », explorationdumonde.be.
  24. « Répertoire des archives de l'IHTP », ihtp.cnrs.fr.
  25. Fiche sur le site de l'Académie française.

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Bibliographie

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  • David Alliot, Le Festin des loups : collabos, profiteurs et opportunistes sous l'Occupation, Vuibert, 2014 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes

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